Portrait de Passionnée n°3 : Laetitia aka @onsinfluence

Corée, Brésil, Japon, Canada…Laetitia est une grande voyageuse, une boule d’énergie. Le temps d’un samedi, elle a accepté de parler de ses passions. Au programme : lecture des cartes et engagement associatif.

Le tarot de Marseille est selon Laetitia un des jeux les plus difficiles à maîtriser. C’est aussi, peut-être, le plus connu.

« Ma grand-mère est cartomancienne. À 15 ans, elle m’a dit que j’étais prête et m’a offert mon premier jeu de cartes » ; raconte Laetitia. La consultation vient de se terminer. Les fenêtres ont été ouvertes pour atténuer une capiteuse odeur d’encens. Des coussins ont été installés sur un tapis à motifs élaborés. Souriant d’un air engageant, elle se détend peu à peu. Elle pose des mots sur sa perception de son don. Auparavant, elle oscillait entre rejet et fascination. C’est il y a deux ans, en rentrant d’un voyage en Corée du Nord, qu’elle commence à changer d’avis. « Je suis tombée malade. On croyait que j’allais peut-être y passer. Ça m’a forcé à accepter mon don. Il fallait que je me reprenne en main. » Depuis, elle s’entraîne, elle envisage même de se lancer professionnellement. Mais pour le moment, Laetitia est déjà prise par son association Jiboiana.

Femmes Huni Kuin

Coup de foudre pour la culture Huni Kuin

Une peinture d’un grand serpent noir est accrochée à une armoire placée sur le côté droit de la pièce. Ce serpent, c’est la jiboia, c’est-à-dire le gardien des traditions chez le peuple Huni Kuin d’Amazonie. Il y a un peu plus d’un an, lors d’une soirée parisienne, la jeune femme rencontre une dame issue de cette tribu. En parlant de cette histoire, le sourire de Laetitia s’étire. « Ça a été un coup de foudre immédiat. J’ai appris le portugais et je suis partie, avec mon copain, tout un mois au Brésil. » Destination :Caucho, un village de l’État de l’Acre.Le voyage lui a réservé quelques surprises.La compagnie aérienne a perdu leurs valises. « C’était la galère. On a réussi à tout récupérer au bout de 15 jours, après s’être battus. D’un autre côté, ça nous a aussi appris à nous débrouiller sans rien » ; détaille-t-elle.Sur place, il a fallu s’adapter. Les températures étaient élevées, peu propices aux activités, ce qui ne l’a pas arrêté. Elle a pu échanger avec les chamans, faire un apprentissage des plantes médicinales, jouer avec les enfants et se balader.Ce nouvel environnement lui a permis de se remettre en question.« Dans la forêt, ces personnes ne vivent pas comme nous. C’est d’autres priorités. Ils se lèvent en se disant : « Il me faut de l’eau pour mes enfants. Qu’est-ce que la nature va m’offrir à manger ? » Caucho n’est pourtant pas totalement isolé. Il y avait un puits et un peu d’électricité, dû à sa proximité avec la ville. De nombreux Huni Kuin n’ont pas cette chance. « Certaines localités n’ont pas d’eau. Le principal fleuve, le Rio, est très pollué. Les gens tombent malades » ; explique Laetitia. C’est pour ça qu’en rentrant en France, son copain et elle ont fondé Jiboiana.

Une embarcation sur le Rio

Une association pour faire bouger les choses

Le but : récolter de l’argent pour aider les villages Huni Kuin. Avec les fonds obtenus, il est prévu qu’en juillet, ils installent trois puits à panneaux solaires. Récemment, ils ont lancé une campagne de financement avec Helloasso. À côté, l’association cherche aussi à promouvoir la culture Huni Kuin. « Avec la mondialisation, c’est compliqué de rester un Indien dans la forêt amazonienne.Ils sont poussés à rejoindre les villes, à travailler.Ils commencent à s’éteindre » ; expose Laetitia, de l’appréhension dans la voix. Pour lutter contre cette situation, elle propose au public de découvrir les chants chamaniques, chants énergétiques, qu’elle a appris là-bas. Des séances de yoga du son, consistant à déclamer des consonnes pour faire vibrer des énergies, sont aussi proposées. Pour l’instant, l’association a organisé 5 événements. Petit à petit, le nombre d’intéressés augmente.Plus que de simples activités, les ateliers de Jiboiana permettent aux participants de s’écouter, de mettre un peu de couleur dans leurs quotidiens. « Tu vois, à Paris, on est toujours pressé.On prend rarement le temps de faire quelque chose qui nous fait plaisir. Pourtant, la vie ce n’est pas seulement « métro, boulot, dodo ». Se réunir avec des gens bienveillants et soutenir les autres, une cause, ça fait du bien » ; confie la jeune femme.

Compléments d’entretien :

Pour en apprendre plus sur l’association Jiboiana, participer à sa campagne de crowdfunding : https://www.facebook.com/pages/category/Environmental-Conservation-Organization/Association-Jiboiana-111682016971215/

5 conseils pour débuter à lire les cartes :

  1. Se laisser guider par le jeu de cartes qui nous parle le plus
  2. Se faire confiance
  3. Ne pas trop écouter ce qui se dit à droite à gauche
  4. Faire attention dans son choix de lecture sur la cartomancie
  5. Une bonne santé pour mieux appréhender les énergies