L’art a du talon

L’art est à nos pieds avec l’exposition Christian Louboutin : L’Exhibitionniste, présentée du 26 février au 26 juillet au Palais de la Porte Dorée.

Souvent, on connaît l’escarpin à la semelle rouge et le nom de son créateur : Christian Louboutin, mais que connaît-on vraiment de lui ? L’exposition Christian Louboutin : l’Exhibitionniste promet une rencontre avec cet artisan d’art, 30 ans de sa carrière et ses passions.

La salle des trésors, photo de Marc Domage

Le soulier dans tous ses états

Tout débute par une pièce rouge ou des prototypes de souliers en velours vermeil sont suspendus. La musique, extrait du ballet de casse-noisette, incite le visiteur à entrer dans l’univers de Christian Louboutin. La première salle est dédiée à ses débuts. Ses premiers modèle, dont le soulier maquereau ou l’escarpin pensée, s’exposent dans une pièce bleue ornée de vitraux. Prenez le temps de les observer. Chacun représente une source d’inspiration de l’auteur. Saurez-vous les reconnaître ? Un peu plus loin des stilettos de différentes tailles projettent leurs ombres au mur. Pureté des lignes, le « côté architectural » et la maîtrise de la silhouette des chaussures sont mises en avant. Dans la salle des trésors, le public s’attarde autour de souliers rares, sortis des collections personnelles du créateur. Des murmures d’admiration et d’étonnement bruissent. Deux dames observent une Doris Booty dont le talon semble en dentelle. « Il ne tient pas le talon-là. C’est un bel artiste, mais il y a un souci là » s’exclame l’une d’entre elles. Un peu plus loin, une grande femme blonde prend des photos en rafale. En s’extasiant elle souffle un : « c’est trop beau. » Dans une alcôve, l’œuvre d’Imran Qureshi, artiste Pakistanais, mêlant traînées écarlates et souliers dorés interpellent le spectateur. En continuant, on découvre l’atelier. Dans une série de minis films, où Christian Louboutin se met en scène, les étapes de confection des souliers sont présentées. 

Un parcours scénographique détonnant

Granny Room, photo de Marc Domage

La visite continue au grès des pièces plus surprenantes les unes que les autres. Est-on encore en France ? La granny room avec son mobilier anglais old-fashioned nous fait douter. Observez la tapisserie, la moquette attentivement. Pas si sage. Un peu plus loin, les hologrammes de Dita von Teese et de Lya Traoré créent un curieux spectacle dans une pièce ornée d’éléments architecturaux Bhoutanais. Les muses du créateur s’affichent le long d’un couloir fait de miroirs et scandé par des tuyaux rouges. Les talons hauts, baskets qu’elles ont inspirés leur sont associés. 

Des visiteurs séduits

Le parcours se termine sur un ensemble d’objets, œuvres d’art, chers au créateur. Sur le livre d’or Delphine et sa fille Agathe écrivent un petit mot. Agathe est passionnée de mode. Elle a particulièrement apprécié « la mise en scène, le travail et la finesse des objets ». De son côté, Delphine avoue qu’elle a « découvert un univers. Je pensais que Christian Louboutin faisait seulement des chaussures. » Marilyne et Nicolas sont tout aussi enchantés. « Je ne suis pas forcément porté sur les chaussures féminines, mais pour moi, c’est des objets d’art », livre-t-il. Dans l’escalier menant à la sortie, en lettres capitales, la phrase : « un soulier a bien plus à offrir que juste marcher ». Les visiteurs en sont convaincus.