Un Carnaval en fanfare

Sortez déguisements et cotillons ce dimanche. Rejoignez à 13 heures, place Gambetta, le défilé du Carnaval de Paris pour sa 23e édition. La batucada vous attend.

Mercredi soir, au local de l’association En’s Batucada, on se prépare pour le carnaval. C’est le jour du cour de maracatu, genre de musique issue de la ville de Recife au Brésil. Autour d’une grande table, les participants échangent avant de répéter. Filo s’active. Il resserre les cordages de son alfaia, sorte de grand tambour, orné par un tissu fleuri. « On tape tellement sur les peaux qu’elles se détendent. On veut avoir des instruments corrects pour jouer au carnaval » détaille le musicien en formant de nouveaux nœuds. D’habitude Jamila joue de l’agbê et de la cloche, mais cette année, lors du défilé, elle va danser en suivant la troupe. « Le carnaval, c’est un événement citoyen. On est dans le lâcher prise de manière désintéressée et positive », raconte-t-elle. Comme Jamila, Christophe est d’une joie communicative. Vêtu d’un t-shirt Leâo Coroado, nom d’un groupe brésilien de maracatu, Christophe dit qu’il ne fait plus partie de la compagnie, à la suite d’un déménagement, mais revient jouer à certaines occasions. Il reste attaché à son ancien groupe. Pour lui « le maracatu, c’est plus que de la musique. C’est social et culturel. Ça s’inscrit parfaitement dans l’esprit du carnaval. » Sébastien, membre fondateur de l’association, discute avec ses élèves. « L’entraînement pour le défilé a commencé il y a 4 semaines. On va joueur 11 morceaux. Ce seront des compositions personnelles, mais aussi des musiques inspirées de rap, de funk, de groupes brésiliens comme Leâo Coroado. On aime bien mélanger les genres à En’s Batucada. Le but reste de faire bouger les gens » explique-t-il en souriant. Participer au carnaval, c’est un peu le baptême du feu pour les adhérents inscrits en octobre. C’est leur première sortie, mais aussi « la possibilité de jouer dans les rues de Paris, de participer à un événement populaire. C’est vraiment fait par et pour les habitants », estime Sébastien. Arnaud, professeur de batucada, genre de musique avec des percussions proche du reggae et de la samba, est venu assister au cours de maracatu. Il se montre tout aussi enthousiaste que Sébastien. « Le carnaval de Paris, c’est une fête hyper familiale, ouverte à tous et accueillante. C’est ça qui me plaît. » Durant cette édition du carnaval, il jouera du repinique avec les participants de l’atelier qu’il anime le jeudi. Les deux troupes d’En’s Batucada seront rejointes par un autre atelier de maracatu, BataBrinca, venu spécialement de Bourges pour la parade.

« Tout le monde est bienvenu. Ce n’est pas bureaucratique. Aucune inscription est nécessaire. C’est le vrai carnaval » insiste Basile Pachkoff, l’organisateur du carnaval. C’est grâce à ses efforts qu’en 1998 le carnaval de Paris, ou cortège du Bœuf Gras, renaît de ses cendres. C’était une fête qui avait 500 ans d’âge et trouvait ses racines dans la fête des fous, mais elle était interrompue depuis 1952. Basile est tombé dans l’organisation de ces réjouissances un peu par hasard, suite à la rencontre d’Alain Riou, homme politique parisien. « Au départ, je ne pensais pas en être capable de chapeauter tout ça, mais je me suis lancé. C’est devenu une passion. Je continue parce que le carnaval donne du bonheur aux gens, puis avec le carnaval des Blanchisseuses, c’est les deux seules fêtes traditionnelles de Paris » expose-t-il. Comme chaque année, Basile sera en tête de cortège. « Le thème pour les costumes, c’est un fabuleux monde aérien, mais vous n’êtes pas obligés de le suivre ou même de venir costumer » précise-t-il. Basile a planifié le carnaval seul, mais le moment venu, il pourra compter sur des membres d’associations pour encadrer la parade. Il ne relève aucun débordement. Le maître du carnaval confie que « Chaque année, c’est une réussite. L’année dernière dans le cortège, il y avait 6 000 à 7 000 personnes selon des participants ». Souhaitons-lui d’être aussi nombreux cette année.